Kinotayo 14e festival du cinéma japonais contemporain

Une page folle

Réalisé par: Teinosuke KINUGASA
Interprètes: Yoshie Nakagawa, Masao Inoue
Sortie Japon: 1926 | Durée: 59min | Genre: Drame, Film muet | Benshi (Récitant) : Cyril Coppini avec accompagnement musical en direct

*Ciné-concert avec Benshi (Récitant) et accompagnement musical en direct
Benshi: Cyril Coppini
Conception: Jacques Keriguy
Compositrice: Kazuko Narita
Les extraits du livre Les Pissenlits par Yasunari Kawabata
Traduction: Hélène Morita (éditions Albin Michel, 2012).

Synopsis

Un vieux marin, employé dans un hôpital psychiatrique, cherche à libérer sa femme, internée après le meurtre de leur enfant. Il évoque les moments heureux de leur vie commune. À cet instant, un vent de révolte agite l’hôpital. Quand il reprend son travail, il comprend que sa femme refuse de le suivre. Les images fusent, s’amoncellent, se font, se défont : souvenirs, joies, peines, angoisses, désespoir de l’époux rejeté, hallucinations des déments. Le rythme effréné de leur succession sur l’écran, les trucages audacieux, la maîtrise du montage éblouissent et donnent le vertige. Une Page folle est un film de Teinosuke Kinugasa, tourné en 1926 d’après un scénario de Yasunari Kawabata (1899–1972), futur lauréat du prix Nobel de littérature en 1968. Perdu pendant quarante-cinq ans, le film a été redécouvert par son auteur en 1970. Une Page folle a suscité l’incompréhension ; quatre-vingts ans après, ce film continue de surprendre en raison de son caractère novateur et de son audace formelle.

Séances

Date Heure Salle
09/12/2019 19:00 Musée national des arts asiatiques Guimet
Soirée de clôture du festival Kinotayo

Teinosuke KINUGASA

Né en 1896 à Kameyama. Au début de sa carrière, Teinosuke Kinugasa joue des rôles féminins en tant qu’onnagata dans le théâtre kabuki. En 1917, il est recruté en tant qu’acteur par la compagnie Nikkatsu, le plus ancien studio de cinéma créé en 1912 au Japon. Il joue dans quarante-quatre films. Sa curiosité, son ambition artistique le poussent à militer en faveur d’une séparation entre le théâtre classique et le cinéma qui, jusqu’aux années vingt, a pour fonction de prolonger et de favoriser la diffusion de ce dernier. En 1922, il devient réalisateur pour la compagnie fondée par Shôzô Makino. Il écrit et réalise de nombreux films, une centaine environ, jusqu'à sa mort. La plupart sont tombés dans l’oubli ; deux retiennent cependant l’attention : Kurutta ippêji, tourné en 1926, alors que Kinugasa a rallié l’école des nouvelles sensations, et Jigokumon, La Porte des enfers, film historique dont l’action se situe dans le Japon du XIIe siècle. Ce film lui vaut le Grand Prix du festival de Cannes en 1954 pour la remarquable qualité esthétique des images.

Cyril COPPINI

Né à Nice, il sort diplômé de l’I.N.A.L.C.O d’une maîtrise de linguistique et de littérature moderne et s’installe au Japon en 1997.
En 2009, il rencontre le maître du Rakugo Someta Hayashiya qui lui enseigne les secrets de cette forme théâtrale comique. Sa première représentation a lieu en 2011 lors de la compétition de Rakugo de Chiba pour laquelle il remporte la 3ème place. Depuis, Cyril a pu jouer à travers tout le Japon, il a par ailleurs débuté sa carrière internationale en 2014 au très renommé Festival d’Avignon et est régulièrement invité lors d’évènements célébrant la culture japonaise en France. Il est également en charge de la traduction en français du seul manga sur le rakugo : Doraku Musuko - Le disciple de Doraku
En contribuant à la diffusion du rakugo à l’étranger, Cyril Coppini obtient très vite la reconnaissances de ses pairs ainsi que du public japonais. Ainsi, depuis mars 2016, il se produit régulièrement sur la scène du Toyokan, illustre cabaret où le réalisateur Takeshi Kitano a fait ses débuts, dans le quartier d’Asakusa à Tokyo. Unique français au monde à pratiquer le rakugo en japonais, mais aussi en français et en anglais, il est également chargé de mission culturelle à l’Institut Français du Japon-Tokyo.