Le cinéma japonais contemporain 2020 KINOTAYO Matsuri

Une page folle

Réalisé par: Teinosuke KINUGASA
Interprètes: Yoshie Nakagawa, Masao Inoue
Sortie Japon: 1926 | Durée: 59min | Genre: Drame, Film muet | Benshi (Récitant) : Cyril Coppini avec accompagnement musical en direct

Synopsis

Un vieux marin, employé dans un hôpital psychiatrique, cherche à libérer sa femme, internée après le meurtre de leur enfant. Il évoque les moments heureux de leur vie commune. À cet instant, un vent de révolte agite l’hôpital. Quand il reprend son travail, il comprend que sa femme refuse de le suivre. Les images fusent, s’amoncellent, se font, se défont : souvenirs, joies, peines, angoisses, désespoir de l’époux rejeté, hallucinations des déments. Le rythme effréné de leur succession sur l’écran, les trucages audacieux, la maîtrise du montage éblouissent et donnent le vertige. Une Page folle est un film de Teinosuke Kinugasa, tourné en 1926 d’après un scénario de Yasunari Kawabata (1899–1972), futur lauréat du prix Nobel de littérature en 1968. Perdu pendant quarante-cinq ans, le film a été redécouvert par son auteur en 1970. Une Page folle a suscité l’incompréhension ; quatre-vingts ans après, ce film continue de surprendre en raison de son caractère novateur et de son audace formelle.

Teinosuke KINUGASA

Né en 1896 à Kameyama. Au début de sa carrière, Teinosuke Kinugasa joue des rôles féminins en tant qu’onnagata dans le théâtre kabuki. En 1917, il est recruté en tant qu’acteur par la compagnie Nikkatsu, le plus ancien studio de cinéma créé en 1912 au Japon. Il joue dans quarante-quatre films. Sa curiosité, son ambition artistique le poussent à militer en faveur d’une séparation entre le théâtre classique et le cinéma qui, jusqu’aux années vingt, a pour fonction de prolonger et de favoriser la diffusion de ce dernier. En 1922, il devient réalisateur pour la compagnie fondée par Shôzô Makino. Il écrit et réalise de nombreux films, une centaine environ, jusqu'à sa mort. La plupart sont tombés dans l’oubli ; deux retiennent cependant l’attention : Kurutta ippêji, tourné en 1926, alors que Kinugasa a rallié l’école des nouvelles sensations, et Jigokumon, La Porte des enfers, film historique dont l’action se situe dans le Japon du XIIe siècle. Ce film lui vaut le Grand Prix du festival de Cannes en 1954 pour la remarquable qualité esthétique des images.